En savoir + sur les 'aptitudes'
Le nouveau LITTRE 2007 (version électronique) apporte quelques précisions intéressantes quant aux trois facettes du concept d’aptitude.
- Tout d’abord, le sens classique désigne la capacité, l’habileté à posséder un emploi (et, au sens juridique du terme, à recevoir un legs, un don).
- Le deuxième sens nomme la disposition naturelle : « il a de l’aptitude aux mathématiques ».
- Le troisième sens, quant à lui, vise la compétence acquise par la formation ou l’expérience professionnelle. Que l’on songe au CAP, le certificat d’aptitude professionnelle.
L’ambiguïté de la question de l’inné et de l’acquis est donc clairement évoquée, la difficulté de la sélection sur « aptitude » (cf. A.M concours d’entrée IFSI 2009) ou « aptitudes » (cf. A.M concours Aux Puer 2006) l’est également !...
Un peu d’histoire
A l’origine A. BINET
Sous l’aiguillon de l’orientation scolaire des élèves, la psychologie s’est très rapidement intéressée à la mesure de l’intelligence et donc des aptitudes.
La première échelle métrique de l’intelligence, mise au point par A.BINET (dont on célébrera le centenaire de la mort l’année prochaine en 2012), ancêtre des épreuves de l’évaluation de l’intelligence, avait pour but de « sélectionner » les enfants pouvant (ou devant) bénéficier d’un enseignement adapté afin de les orienter vers des structures spécialisées.
La méthode des tests et la psychotechnique allaient connaître leurs heures de gloire !
Les successeurs
Après cette première, mais géniale, tentative de mesure et d’appréciation d’une « aptitude » (l’âge mental), supposée décrire les capacités d’adaptation et/ou d’apprentissage d’un sujet,- son « intelligence »-, d’autres modèles de la psychologie différentielle ne se satisferont pas de cette approche par trop indifférenciée et générale de l'aptitude. Ils inventeront le Q.I., et, utilisant notamment l’analyse factorielle des mathématiciens, ils vont préciser cette conception unitaire de l’intelligence.
L’analyse multifactorielle de l’intelligence
En discriminant les aptitudes, ces modèles de psychologie différentielle proposeront des modèles plus complexes de l’intelligence : des facteurs (que d’aucuns appelleront aussi « aptitudes ») en décriront les facettes, mais, pour autant, 'l'intelligence' restera unitaire (facteur g pour C.SPEARMAN, ou facteur r pour L.L.THURSTONE).
Cette unité va cependant recouvrir des facteurs plus restreints d’aptitudes spécifiques comme le numérique, le verbal, le spatial, la mémoire, l’induction ou le raisonnement.
Un modèle hiérarchique sera même proposé par les successeurs de SPEARMAN, notamment C.BURT et P.E.VERNON. Ces derniers montreront comment les tests d’intelligence, ou d’aptitudes intellectuelles, paraissent placés à la fois sous la dépendance d’un facteur général et de facteurs de groupes assez larges : par exemple les épreuves verbales, numériques et scolaires d’une part, et, les épreuves pratiques, mécaniques et spatiales (où interviendra le développement psychomoteur) d’autre part.
Les prolongements aujourd’hui
Ces modèles, servant de cadres de référence épistémologique, ont permis de faire émerger des problèmes théoriques extrêmement intéressants, notamment celui de la « différenciation des aptitudes ». Ce problème posé par C.BURT aboutira à des questions d’une extrême actualité comme, entre autres, celle des styles cognitifs (observés par H.A.WITKIN), ou encore celui de la « dé-différenciation » des aptitudes cognitives au cours du vieillissement (que l’on songe à la maladie d’Alzheimer !).
Innées ou acquises les aptitudes ?
Cervo-coaching prend résolument le parti de l’éducabilité de toutes les aptitudes et se réfère comme modèle théorique au modèle de Berlin !
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